Autour des mots

Joue, jouons, jouez

12 novembre 2007

Pas un cadeau (Sic)

pas_un_kdo" Je t'avais pourtant prévenu, la vie ne fait pas que des cadeaux..."

dit le portier de St Pierre en souriant pour plaisanter.

-L'homme répond :

Et maintenant que je suis mort et que je suis sorti enfin de ce paquet. Je vais vous dire !
Oui, à vous !
Vous ! Les éternels et les mortels de ce paradis, ce qu’est vraiment la vie d’en bas.
Ce fameux cadeau qu’on m’a donné, je l’ai payé cher !
Oui très cher, affreusement cher !
Alors je vais vous dire
Pour le cadeau, hein ! Je me permets de tout déballer pour une fois, eh bien vous pouvez le garder. C’est mon cadeau, na !

Il vous ira comme un gant, vous ferez la paire comme çà, moi je m'en lave les mains !
On m’a parlé de cadeau, toute ma vie ! J’ai attendu, attendu !
Attendu…. Bon de dieu, bon de soir ! Qu’est ce que j’ai pu poireauter !
J’en ai même entendu à toutes les sauces (ça faisait mayonnaise parfois) ainsi que des vertes et des pas mûres. On m’a garni, on m’a même fait tout un plat.
Ce cadeau n’était en fait qu’un cadeau empoisonné !
Oui empoisonné !
Je le dis, je ne mâche pas mes mots, je l’ai mal digéré et toujours pas avalé.
Ce qui m’a sauvé dans un sens.
Oui !  Je le dis parfaitement, UN CADEAU EMPOISONNE et je ne vais pas m’asseoir dessus, Ah ça non !
Tout ça m’a trop fatigué, épuisé. J’ai tiré la langue comme jamais, elle était trop chargée.
La mort m’a sauvé, finalement !
J’ai pu enfin m’allonger, me reposer.
« Ici repose », ça m’a fait du bien, vous savez !
Sans le savoir, il était là, mon cadeau !
J’ai savouré !
Je me suis retrouvé dans sa boîte !
Mais il fallait le voir pour le croire, enfin passons !

Parlons de la vie, elle m’a fait des misères, vous savez !
Ah ! La vie, la vie !

Je peux vous en parler de la vie, c’était un véritable enfer. On ne m’a pas fait de cadeau, ça je peux vous le dire, à voix haute et en messe basse. Pas de cadeau, pas même à mon anniversaire, je pouvais aller souffler les bougies à l’église du coin, au moins c’était gratuit, je peux le dire maintenant, et cela sans me faire prier.
Je n’ai plus personne à mes trousses d’ailleurs, tout est derrière, bien loin maintenant.
Tout est loin, et je ne suis pas prêt d’y retourner. Mais tout ce que je peux dire, c’est que ce monde m’est tombé dessus.
Oui, dessus !
Ca vous étonne un peu ! Comme c’est étonnant, et pourtant…. !

Oui… Tombé sur la tête ! Sur la tête !
Mais regardez-moi un peu !  Oui regardez moi un peu cette tête que j’ai, aujourd’hui !
On peut dire que j’ai vraiment tout récolté sur cette Terre, sans réellement récupérer.

Regardez-moi un peu, ce cadavre presque exquis ! On dirait un zombie errant !
Même plus, si on fouille au fond des choses, j’ai une tête de mort, pas vrai !
On s’est payé de ma tête, n’est-ce pas !
N’ayons pas peur des mots, au point où j’en suis !
L’équarrissage n’aurait que des bons morceaux, ce serait un vrai coup de pub, pour eux !
On ne va pas se cacher la face, il faut dire la vérité !
C’est sûr, maintenant  que je suis devant la porte du paradis, il n’y a plus rien à faire, et beaucoup à me donner, mais enfin !
On aurait pu m’arranger encore un peu, hein ! On n’est pas des bêtes, non plus !
Il me reste plus que les os et la peau, une misère !
Disons que c’est mon cadeau de la vie.
Ce qui me reste le plus cher !
Au moins j’ai gagné un peu, il ne faut pas désespérer.

«  Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ». Je ne sais plus de qui est cette citation, mais il ne doit plus être en vie.
Enfin ! Je ne vais pas m’en plaindre, j’aurais pu perdre la tête, ça aurait été pire !
Oh pas grand-chose, comme vous pouvez le voir. Il faut se contenter de petit rien.
Il faut dire que j’ai tout eu !
Oui, j’ai tout eu ! Tout, …. Bon dieu !

Bon Dieu de bon dieu…. !
Je ne peux pas m’en empêcher, il faut que je me lâche, bon dieu !
Oui tout ! Pas un cadeau, je vous dis.
Toutes les horreurs de la terre, pire que l’apocalypse, je vous dis !
Tout et même plus, si je savais.
Le monde m’est tombé dessus.

Le Monde !
J’étais si seul.
Pas un chat, pas un fidèle, ni au chœur ni dans mon cœur.
Rien ! Personne ! Je vous dis, pas même un curé pour une bénédiction, rien de rien.
Je pouvais crever, on ne m’aurait rien donné.
La vie n’est pas donnée, je suis bien placé pour le savoir.
Et pourtant, je n’en savais rien.
J’allais à la messe, pour entendre la bonne parole, pour se nourrir l’esprit, la cervelle quoi !

Et surtout Prier !
Prier que le ciel ne me tombe pas sur la tête !
Et c’est l’inverse qui s’est produit, vraiment le monde à l’envers !
C’est ma tête qui est monté au ciel !
Il y a des fois, ou on n’y comprend plus rien du tout.
Le monde est fou, il m’a rendu dingue !
Heureusement, qu’il y avait l’église, comme je vous dis, j’ai pu en chasser des mauvaises pensées, tout en ne pêchant plus. C’était ma façon de me divertir sans faire de mal.
Il faut savoir se rendre utile. Je l’ai toujours dis.
Surtout, être là au bon moment. Mais c’était jamais le bon moment, il y en avait toujours un devant, pour vous prendre le cadeau. Sous le nez.

Pas un cadeau pour moi, j’ai tout eu, sans jamais rien avoir.
Vous trouvez cela normal, vous !
Moi, on me mettait le paquet, et on ne vous donnait rien !
Pourtant, je suis resté un bon croyant, j’allais à l’église. Je pense que vous me croyez !

J’allais pour croire, croire, croire !
Il fallait bien croire à quelque chose. Même si on y croyait plus !
Il restait parfois l’hostie en signe de cadeau quand il en restait un, une misère.
Je pouvais faire une croix dessus, avec un christ devant.
Moi qui donnais ma chemise pour un rien, rendez-vous compte !
Une fois, en bon samaritain, une bonne sœur m’a dit tout bas et en toute sainteté :
«  Que je pouvais aller me rhabiller ailleurs, que la bible ne fait pas le moine, qu’il ne faut jamais déballer ses affaires à n’importe qui, que la vie elle, c’est autre chose de plus sain, qu’il fallait aller la chercher bien loin, et même des fois, derrière soi, qu’il fallait chercher, chercher et encore tout le temps, creuser et creuser.

Creuser au fond de sa tête, ah ce n’était pas si simple !
Pour la trouver, il fallait que j’en fasse mon trou. La quête de l’homme, c’était donc çà.
Tout en restant digne dans cette misère, en espérant peut-être qu’un jour, la récompense arrive par la grande porte.
Ce n’est pas beau comme philo ça, moi je trouve que oui !
Il faut être vraiment enfermé depuis longtemps pour sortir une phrase pareille.
En parlant de phrase

J’ai bien retenu celle qui va suivre : c’est le bonbon qui vous colle aux dents
Je l’ai mâché et remâché dans mon crâne.

« Surtout de ne pas croire au père noël ».

Que la vie est un cadeau du ciel. Mais ce cadeau ne vous tombera pas du ciel, ou dans les bras.
Il vous faudra batailler pour le trouver. Pas besoin de se mettre en quatre pour le chercher de midi à quatorze heures, c’est le pire des moments, vous ne le trouverez jamais.
Il faut savoir être patient même jusqu’au bout des ongles.

J’ai cherché comme un malade, mais y avait rien à faire.
Il fallait que je me fasse soigner des fois, j’en devenais malheureux.
Quand vous ne trouvez pas, c’est désespérant, rageant !
Moi, Jamais trouvé !
J’en perdais la tête ! Pourtant, j’étais partout et… nulle part.
Un sens d’ubiquité, tout de même, mais le cadeau…non ! Non,  pas trouvé !

Par contre j’ai trouvé…. la misère, Ah celle-là ! Elle était gratuite !
Un cadeau…, vous rigolez !
Quand c’est gratuit, ce n’est jamais un cadeau !
Le vrai cadeau, c’est un truc qui a beaucoup plus de valeur. N’est-ce pas !
Sans me dévaloriser, je crois dur comme fer, que j’ai encore beaucoup à offrir encore, même ici.  Et pour l’éternité, amen !

C’est mon cadeau ! Je ne demande rien, juste un peu !
Je suis un saint homme, j’ai du mérite !
Euh …. !

Je parle, je parle, mais qu’est-ce que j’ai gagné en arrivant ici !
Une nouvelle vie !

…………Une nouvelle Vie !

Mais c’est une blague ou quoi !
Et mon cadeau !

Sic

La consigne ici 

Posté par Christine_ à 20:28 - Sic - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 janvier 2007

Vol de pigeon (Sic)

barmanBen vouai monsieur le commissaire!
Ya un malentendu, une erreur de personne, quoi!
Moi, j'vais vous dire ce qu'il s'est passé, vraiment, hein!
Car faut pas écouter tous les zigs qui traînent en zigzag dans tous les coins!
Ils se connaissent tous. Allez voir dans le bistrot du coin, vous verrez bien, je vous dis!
Vous avez aussi, dans le même registre, l'autre plouc!
Celui qui reste en terrasse à faire du zèle, à faire le service!
Ca, on peut le dire, il a rendu bien service!
Eh ben ! Il n'est pas bavard pour un sou! Sauf pour le pourboire!
Ah ouai ! Celui-là, je le retiens !
Je l'ai vu de mes propres yeux vus, Oui monsieur le commissaire!
Dehors, il était devant le bistrot, bien que fermé!
Il n'était pas que là, sur le trottoir à regarder les hirondelles, surtout à la Noël! Hein!
Ne me faites pas croire, çà ! Le père noël, ce n'est plus de mon âge!
Il m'a tout de suite reniflé ce loufiat, fringué d'un valseur, avec son air de malfrat.
Non je n'mâche pas mes mots, Monsieur le commissaire, je l'boufferai si je pouvais!
Quand chuis sorti dans la rue, pour aller me griller une tige. Eh ben!
Après avoir passé la lourde, le bougre m'a bousculé comme un mal propre, je lui ai filé un coup de tatane au passage.
Non mais! Puis il s'est débiné comme un sourd, à la sauvette, quel nigaud!.
J'ai pas senti qu'il m'avait glissé dans ma poche le larfouillet, celui de la vioc. Saligaud va!
Ben çà ! Yen avait des biffetons, sûrement une pile de bas de laine, amassée depuis des lustres et ramassée comme des oufs d'or sous le plumard de son vieillard!
Oh ! Ca faisait beaucoup de pognon tout çà.
Mais 200.000 frs, vous dites monsieur le Commissaire ! Ah oui ! Très rondelette  comme somme !
Il a su tout de suite que j'étais le pigeon, la bonne caille, celui qu'on va mettre en sauce, avec des petits oignons et surtout à rôtir dans le fourgon!
Je suis le dindon de la farce, en ce jour de réveillon, monsieur le commissaire!
Tout ce que j'ai à dire, c'est qu'on m'a pigeonné, ficelé et maintenant prêt à finir à la casserole, au fond d'une tôle avec pour jaffe, des haricots secs et du pain noir.
Tout cela, à cause de crapules sans scrupule. C'est scandaleux, d'être traité ainsi de voleur, alors que je ne sais même pas voler.
Oui c'est vrai Monsieur le commissaire, j'avais un coup dans l'aile. J'avais peut-être un peu trop arrosé le Jésus, mais il fallait que je fasse ma crèche, à moi aussi. C'est Noël, pour tout le monde, et pour un honnête homme, comme moi! J'ai rien à me reprocher, j'étais galonné sous les drapeaux avec mention plus que bien!
Puis, je suis allé au casse pipe, pour me refaire une santé d'enfer.
Et c'est alors, que j'ai craqué pour une belle poule bien roulée. Elle m'a envoyé en l'air, tout en haut, au dernier étage et sous les combles, c'était un comble, on était dans sa chambre de bonne!
Après m'être bien rincer l'oeil, j'étais à moitié rond et j'ai tout casqué jusqu'à mon dernier rond.
Au début, ça volait bien bas, pour tout vous dire, mais au fur et à mesure, elle a pris du poil de la bête. De très belles envolées et par de très bonnes chevauchées. Donc, je peux vous dire, que j'étais à sec quand j'ai lâché cette jument. Elle m'a liquidé, plus dirais je, elle m'a plumé.

Ah ! C'était une belle pouliche quand même, qui entre-nous, montait un peu trop sur ses grands chevaux. Elle cocotte pas mal pour une mère poule, mais une fois partie, je reconnais qu'elle galope beaucoup mieux.
Quand je dis : elle galope, c'est qu'elle vous tire sur l'étrier quand même. Fallait voir la bête!
Vous dites! Dans sa déposition, elle ne m'a jamais vu, et la bignole de l'immeuble m'a reconnu en train de sortir de chez la veuve. Et l'autre zig, totalement inconnu, pas bavard tout çà, le maquereau court toujours, c'est lui, le gros poisson, je vous dis, monsieur le commissaire !
Tous et toutes complices, monsieur le commissaire, je vous dis.
Quand les condés sont arrivés, moi j'ai eu à peine à dire ouf ! Ils m'ont sauté dessus, j'étais fait comme un rat et m'ont coffré dans leur panier à salade, et il y avait la vioc qui hurlait à la mort, en me désignant du doigt : « c'est lui, il m'a volé ! Au trou, au trou sale rat »
On m'a roulé dans la farine, je suis sûr que c'est la racoleuse. Une vraie pétroleuse, elle vous fait fumer avec son engin de guerre, c'est incroyable,  mais elle a un gros défaut ; elle  pète plus haut que son cul. Un jour, elle finira à la ferraille ou comme moi en tôle.
Je suis sûr qu'elle connaissait tous les fils du plan pour dévaliser la veuve du deuxième.
Mais leur plan a échoué et c'est moi maintenant qui doit porter le chapeau.
Voilà monsieur le commissaire, c'est la vérité vraie!
Puis, cette concierge devrait plutôt balayer sous sa porte et d'aller nettoyer ses sales carreaux graisseux, vu qu'elle louche comme une grosse cuillère. Normal, qu'elle m'a confondu avec un autre.
En tout cas, je suis sûr  qu'elle va toucher de grosses étrennes celle-là, de la part de la poule aux yeux d'or.
Bon ! J'ai dis ce que j'avais à dire, mon linge est lavé, vous pouvez me mettre au sec.
Tous ripoux, pas vrai Monsieur le commissaire !



La consigne ici

Posté par Christine_ à 23:12 - Sic - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 janvier 2007

Jeu d'un vilain (Sic)

VALERE
Hé quoi ? charmante Elise, vous devenez amnésique, après les obligeantes assurances que vous avez eu la bonté de me donner de votre bon gré ? Je vous vois conteuse, hélas ! au milieu de ma joie. Est-ce du regret, dites-moi, de m'avoir fait heureux, et vous repentez-vous de cet oubli où mes demandes ont pu vous contraindre ?

ELISE
Non, Valère, je ne puis pas me repentir de tout ce que je fais pour vous. Je m'y sens indifférente par une trop douce puissance, et je n'ai pas même la force de souhaiter que les choses ne fussent pas. Mais, à vous dire vrai, le succès me donne de l'amusement , et je crains fort de vous aimer un peu plus que je ne devrais.

VALERE
Hé ! que pouvez-vous craindre, Elise, dans les manigances que vous avez pour moi?

ELISE
Hélas! cent choses à la fois : l' impuissance d'un père, les reproches d'une famille, les dettes du monde ; mais plus que tout, Valère, le changement de votre coeur, et cette froideur criminelle dont ceux de votre banquière payent le plus souvent les témoignages trop ardents d'une innocente chasse au trésor.valere

VALERE
Ah! ne me faites pas ce tort de juger de moi par les autres. Soupçonnez-moi de tout, Elise, plutôt que de manquer à ce que je vous rembourse. Je vous aime trop pour cela, et mon amour pour vous durera autant que ma vie.

__________________________

La consigne ==> ici

Posté par Christine_ à 00:07 - Sic - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1