26 septembre 2007
La belle au bois dormant (Patrick)
Elle aura été prévenue, la vie, là dehors, ne fait pas que des cadeaux. Et l’amoureux qui devrait la libérer, n’est probablement pas courant de son existence.
Depuis sa naissance, elle a été contrainte de grandir seule, dans une obscurité qui semblait éternelle. Elle n’aurait jamais espéré que de ce noir infernal, puisse surgir, un jour, une issue vers la vie. Une occasion en or qui lui permettrait de voir la lumière.
Cette issue pour la liberté qui s’offre à elle, n’est qu’une simple "treize imagé", treize mots et une image. L’image l’encourage à aller de l’avant. Mais les mots, la plongent dans une énorme controverse. Autant, ils constituent à ses yeux, la seule et unique chance de gouter enfin aux plaisirs de la vie, autant ils lui font peur et la poussent à l’hésitation. Affronter le monde extérieur après tout ce temps passé dans l’obscurité absolue, ne serait vraiment pas chose facile.
C’est décidé, elle n’attendra pas son amoureux. Elle va devoir se débrouiller par elle-même pour s’évader de sa prison. Elle devrait se résoudre à retirer ses jolis gants brodés et à mettre la main la pâte. Il faudrait qu’elle se réorganise, qu’elle se refasse belle et surtout, qu’elle se prépare à affronter les regards et les jugements des autres qui la verront pour la première fois et qui ne lui jetteront sûrement pas que des fleurs.
Même si elle a appris à exister par elle-même dans le noir, malheureusement, elle ne verra la lumière, que par les autres. Ces autres aux regards méprisants et aux critiques blessantes. Ces autres qui pourraient aussi l’écraser sous le poids d’une cruelle indifférence. Ces autres à qui elle essaierait de procurer joie et bonheur, plaisir et bien-être, pour n’en attendre que d’odieuses insultes ou d’horribles silences. Importe peu. Ca ne peut pas être pire que la mort à petit feu qu’elle serait en train de subir. Le simple fait de pouvoir être lue, vaudrait largement tous les risques.
Vous l’aurez compris. Elle … c’est une histoire. Une histoire que l’auteur ne trouve toujours pas le moyen d’écrire. Malheureusement, elle ne parviendra jamais à voir le jour par elle-même. Tous ce qu’elle pourra faire, c’est tenter d’attirer son attention, essayer de stimuler sont goût à l’écriture, par des images, par des mots, par des odeurs et même par des sentiments. Espérant qu’un jour, il trouvera le moyen de la libérer pour notre grand bonheur. Pour le bonheur de tous.
Ceux qui l’auront appréciée, auront profité du plaisir de la lire. Et ceux qui la mépriseront, ne se priveront pas de se défouler en l’insultant. Et c’est tant mieux. Le vrai malheur serait qu’elle reste à tout jamais, prisonnière du noir.