31 mars 2009
Avant qu'on puisse parler de «fausse» commune... (Maureen M. Quinn)
Oyez langues de bois! Votre politique synonyme d'emphase comique provient de vivier à couvercle fermé où seuls quelques rats sont conviés. Votre rhétorique démagogique n'impressionne plus personne, aussi devriez vous admettre le caractère futile et grotesque de votre place en cette société dite démocratique.
Votre censure est le reflet vomissant de votre vanité. Vos analyses sont un ramassis de journaux piétinés croisés avec des statistiques toujours plus erronées. Vos démonstrations diplomatiques ne font qu'accentuer l'insécurité et la hargne nationales. Vos dénonciations économiques n'existent que dans votre propre intérêt. Et vos tendances à l'ellipse ne nous font perdre ni la notion du temps ni le fil de l'intrigue.
Continuez vos pléthores de locutions hameçon, le syndrome du gallicisme parfait ne fait qu'amplifier la dissidence synchrone. Augmentez vos lois qui paralysent toute apostrophe. Allez au bout de votre toute puissance. Et n'oubliez pas non plus de vous concentrer davantage sur vos poules, vos oeufs et votre or.
Il y a fort à parier qu'au milieu du cosmos de demain, vous ne serez que le débris d'un dédale orphelin.
MMQ
La consigne ==> ICI
12 octobre 2008
De l'abus qui vous isole (Maureen MQuinn)
Une nuit noire était tombée sur la petite ville, le bar allait fermer… Elle avait passé sa soirée à danser entourée des plus affamés du coin. Il m’a bien fallu trois minutes pour l’attraper et nous dégager de cet empyreume délétère. Je l’ai poussé jusque dans la rue alors qu’elle braillait tel le veau qu’on égorge. Ca l’avait rendue dingue que j’abrège une nouvelle fois encore et au corps ses badineries. Et cette fois là visiblement, elle avait tenu à marquer le coup…
Elle avait bu, beaucoup. Mais le froid et mes blâmes semblaient lui faire reprendre ses esprits. Et soudainement, elle me fît pivoter d’un quart de tour pour me placer face à la vitrine de brocanteur devant laquelle nous nous trouvions. Et je vis nos deux visages se regardant l’un l’autre dans ce miroir au teint terne et vieilli. Ses yeux ne cillaient pas. Les secondes qui s’écoulèrent ensuite furent si longues que je pus palper des dizaines de souvenirs oubliés… C’est alors qu’elle lâcha :
« Tout compte fait, tu as sans doute raison. Je ne sais pas me tenir, je n’ai pas de travail, je dilapide ton argent, je parle vulgairement, les hommes ne m’aiment que pour un soir, je fume et je bois trop, je n’ai même pas la moindre idée de ce que demain me réserve et j’ai bousillé ta vie comme le boulet écorchera toujours le bitume. Il est temps que tu renaisses … »
Elle m’a planté là, avec ses impétueuses politesses, la regardant traverser la rue jusqu’à sa voiture, plus à vif que jamais… Mes bras touchaient le sol. Elle démarra en trombe, les pupilles dilatées.
Le temps de lui emboîter le pas manqua de me faire perdre sa trace. Mais il n’y avait quasi pas de circulation et la nationale filait droit. Je l’apercevais à plusieurs dizaines de mètres. Elle roulait vite. Cigarette dans la main gauche. J’ai dû faire siffler le moteur pour revenir à sa hauteur.
Dès qu’elle me vit dans le rétroviseur, elle se cabra et alluma la radio. Beautiful day de U2 emplissait le vide alentour. J’avais l’impression que chaque note battait comme une pulsion cardiaque me ceinturant.
En voie de décomposition, je revins à sa hauteur, me plaçant sur la voie de gauche. J’hurlais :
« Ralentis Lili, je t’en supplie range-toi cinq minutes !… Lili s’il te plaît, sois pas plus bête que moi !... Tu peux pas conduire indéfiniment, tu sais même pas où tu vas ! »
Un froncement de sourcil après, elle bifurquait à toute bringue sur cette route détestable d’où déboula votre mari…
Ca a fait un raffut terrible… métallique et de verre brisé… un grondement tonitruant. Des étincelles s’offraient en festival pour qui voulait être abasourdi…
La suite, vous la connaissez déjà : le carnaval du néant, la myriade d’absurdités, la fin d’une ère… ou plutôt la fin du nerf…
Vous croyez que c’est un signe que je puisse rêver de votre mari alors que vous me ramassez dans un caniveau puant le malt les minutes suivantes ??!... Dites, vous allez me ramener n’est-ce pas ?
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29 septembre 2008
Pas de temps pour les regrets (Maureen M. Quinn)

« Je t’avais pourtant prévenu, la vie ne fait pas que des cadeaux. »
En arriver à lui dire une chose pareille, c’était comme lui jeter du sable dans les yeux.
Mais je ne regrette pas. J’aurai dû agir ainsi dès le premier jour.
Dès la naissance. Partir.
Je n’ai jamais pu pardonner cette innocence, qui m’obligeait à tenir cette place où tout me semblait écoeurant, où il fallait être là pour çà, comme une fatalité… Ce mur préfabriqué.
Que je parte, vivante ou morte, finalement, pour eux cela ne changeait rien.
Mais je ne voulais pas mourir. Non. Je voulais vivre.
Ma seule vie.
Retirer ses gants n’a pas été facile. Bien qu’ils paraissent si sales…
Oh ! je n’attends certes pas de pitié. Je n’attends même pas qu’on me regarde.
Et je me fiche aussi qu’on me haïsse.
J’ai fait ce que j'ai voulu.
Et après toutes ces années, je sais qu’au fond de mon caveau je pourrais dire :
« Oui, c’était çà la vie. C’était çà ma vie. »
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22 septembre 2007
Envolée avant la fin
J'ai eu un flash après avoir vu Le labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro. Je me laisserai pas engrosser par un tortionnaire libidineux.
J'suis pas en train de vous dire que j'veux être caressée dans le sens du poil comme une chatte égarée. J'en ai rien à cirer des peaux mielleuses.
Ce qu'il faut c'est du sexe à piles, une décharge électrique qui vous agrippe les lèvres et fait brailler les nymphes aux sucettes pour que fusion inoubliable il y ait, un instant, à reconstruire encore et toujours.
L'imminent concert où chaque solo devient foudre, là où tout et rien se rejoignent...
Mais c'est pas moi qui me fais baiser, non! Et vous savez pourquoi? Parce que ma vengeance est issue d'un triangle qu'il ne soupçonne même pas. Un pied délivrant et salutaire.
02 août 2007
Tumeur (Maureen M.Quinn)
Mais quel pigeon!
Il aura suffit d'un effleurement de la main pour qu'il accepte, je trouve ça dingue!
Incrédule devant une tâche aussi élémentaire, j'en arrive à me demander si c'est bien en face de l'identifié que je me trouve et non pas un citoyen lambda.
Malheureusement pour lui et heureusement pour moi, cela ne dure qu'un quart de seconde puisque l'instant d'après son oeil gauche se met à clignoter à toute bringue et je n'ai alors plus aucun doute.
C'est déplorable d'en arriver là, je le confesse...mais tout se paye, tôt ou tard...
Le loufiat vient prendre la commande et ce plouc s'étonne de me voir prendre une vodka pamplemousse quand lui ne boit qu'un café.
Je le regarde droit dans les yeux avec un air moqueur et il baisse les siens au bout de trois secondes...
Il a beau ne pas être bavard, il a perdu toute notion du temps. Ses mains se promènent tout le long de la chaise en tôle design. On dirait qu'il cherche à prendre racine dans ce fichu métal.
Je mets donc en marche la pétroleuse qui crèche au creu de mon crâne et j'actionne le mode «valseur»... en trois étapes...
Le zig croit que c'est son pognon qui m'intéresse et je m'amuse à faire mine de lorgner son larfouillet...
Il n'a aucune excuse, alors autant jouer le jeu à 200%...
Je laisse ma tatane sous la table pour aller caresser sa canne qui devient plus lourde et plus pataude encore... A croire qu'il avait été victime de dysplasie osseuse fibreuse façon Jaffe-Liechtenstein!
Mais cela n'eût été qu'une affection bénigne pour payer son existence macabre.
Ce soir enfin, je prouverai au monde que tous les crimes ne restent pas impunis.
31 juillet 2007
La boucle (Maureen M. Quinn)
Un soir d'été parisien, je déambulai sur le bitume chaud et collant des rues ensevelies par la nuit orangée, comme on erre au milieu d'un labyrinthe...
Eh oui! J'avais enfin posé l'ultimatum qui me vaudrait toutes les libertés du monde...
Mon écran interne s'en donnait à coeur joie passant d'un carrefour à un autre avec un sentiment paradoxal mêlant déjà vu et inconnu...Quelle béatitude!
Plus rien ne pouvait m'atteindre désormais, comme si tout le misonéisme porté à mon encontre par ce scélérat ne faisait depuis que décupler mon côté sybarite...
Ses intentions étaient fabriquées dès le début... C'était à perdre patience!
Alors j'en appelais à la vertu de la sagesse, ma sagesse!!!! J'ai mis le feu à cette chimère où je croyais bien faire en m'y réfugiant, l'absolution je la regardais passer sans l'interpeler, je n'avais rien à perdre, je n'avais rien à donner! J'étais celle que l'on n'égorgerait pas car j'ai suivi l'éthique de l'école des proculiens!!! Son langage était rempli de paradoxes futiles, de combinaisons puériles et de pléonasmes insignifiants... On se croyait au vernissage d'un gamin de 4 ans qui expose à la maternelle...
Aujourd'hui, je ne rêve pourtant que d'une étreinte avec un gouffre étroit qui me dirait :
Tais toi et chante!