Autour des mots

Joue, jouons, jouez

25 février 2007

Ne pas se tromper de bouton (Le Garde-Mots)

Caresser un pan de votre peau n’est qu’un début, Mademoiselle Sophie, vous dont le sexe appeal éveille en moi, dans cet ascenseur en panne, les désirs les plus fous. Votre petit triangle est-il prêt pour un égarement libidineux ? Ma main experte voudrait en savoir plus. Vous faire connaître, en quelque sorte, un pied de dix pieds de long. Accepteriez-vous de baiser en attendant le retour du courant?
Vos lèvres intimes, nymphes tapies au fond d’une chatte qu’il me semble entendre miauler, n’aimeraient-elles pas s’épanouir dans cette moiteur qui nous rapproche ? Une petite sucette ou un solo de mandoline amoureuse et vous saurez que la patience est toujours récompensée.

Le Garde-Mots

Une petite parenthèse pour vous informer d'un jeu très amusant chez le Garde-mots : le Mokimanké


TagAmour


La consigne ici

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20 février 2007

Les 13 dans la phrase (Le Garde Mots)

Le soliloque au nadir fait penser à une Joconde dont l’aboulie confinerait à la diaspora du baragouin, ou à une eschatologie dans laquelle la biosphère serait comme un choryphée à l’acabit cybernétique ou encore à une polylogie délétère.

Le Garde-Mots


Le Gardien des mots nous invite à son jeu ici , le Mokimanké... soyons nombreux à le rejoindre.


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03 janvier 2007

Encore une fois (Le Gardien)

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VALERE
Hé quoi ? charmante Elise, vous devenez prude, après les obligeantes assurances que vous avez eu la bonté de me donner de votre plaisir ? Je vous vois rechigner, hélas ! au milieu de ma joie. Est-ce du regret, dites-moi, de m'avoir fait heureux, et vous repentez-vous de cet orgasme où mes gestes ont pu vous contraindre ?

ELISE
Non, Valère, je ne puis pas me repentir de tout ce que je fais pour vous. Je m'y sens réduite par une trop douce puissance, et je n'ai pas même la force de souhaiter que les choses ne fussent pas.
Mais, à vous dire vrai, le succès me donne de l'inflammation, et je crains fort de vous aimer un peu plus que je ne devrais.

VALERE
Hé ! que pouvez-vous craindre, Elise, dans les dévouements que vous avez pour moi?

ELISE
Hélas! cent choses à la fois : l'interdit d'un père, les reproches d'une famille, les tentations du monde ; mais plus que tout, Valère, le changement de votre cœur, et cette froideur criminelle dont ceux de votre acabit payent le plus souvent les témoignages trop ardents d'une innocente sensation.

VALERE
Ah! ne me faites pas ce tort de juger de moi par les autres. Soupçonnez-moi de tout, Elise, plutôt que de manquer à ce que je vous impose. Je vous aime trop pour cela, et mon amour pour vous durera autant que ma vie.

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participation du Garde-Mots au jeu du paradigme

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19 décembre 2006

Talisman (Le Garde-Mots)

horvilleur"Le malheur est partout. Il nous faut donc en faire un principe absolu, et même le fil rouge de tout comportement logique. Ça, vous ne l’apprendrez pas dans une académie mais dans les champs de blé parsemés de coquelicots quand les pies bavardent avant l’orage. Vous trouvez que ce que je vous dis ressemble à du charabia pour épitaphe gothique ? Et pourtant, vous verrez bientôt que j’ai raison. Comment pourrait-on qualifier autrement les hiéroglyphes de la vie ? C’est une
énigme sans fin – je veux dire sans finalité - et qui ne vous facilite pas la tâche quand il s’agit de la mener jusqu’au bout. C’est vrai, on n’y comprend rien à cette belle connerie qui vous confronte sans cesse aux espoirs déçus et vous oblige souvent à renoncer. Vous devriez y réfléchir sérieusement.

La pendaison est une anecdote, la noyade manque de fantaisie, le revolver de discrétion et le poison ne vous ressemble pas. Préférez l’amanite tue-mouches, qui vous enverra aux pâquerettes en deux temps, trois mouvements, quatre soubresauts. Vous en trouverez dans le champ voisin, à gauche du cimetière, près de la source. Devenir ithyphalle et mourir ... Ça vous tente ? Allez-y tout de suite. Faites la chasse aux idées noires. Suicidez-vous pour trouver l’ivresse. Le champ des cieux est à vous. "

Tel était le discours que me tenait Grominus, un rhabdomancien aux conclusions plus cynégétiques et terrestres que prophétiques. Il se mit à chanter une antienne en faisant autour de moi des cercles mystérieux et redondants. Au passage il me prit la main, y glissa un pentacle de fer orné d’un crâne grimaçant, puis la referma en riant. Finalement il me laissa partir en déclarant que si je lui obéissais ce serait pour lui une bonne publicité et pour moi un aller simple avec une destination prestigieuse, l’éternité.

Or, je souffre de misonéisme. Faire l’expérience de la mort avant l’heure ne me tentait pas. Je sortis de chez lui en hurlant qu’il n’aurait ni ma collaboration ni mon âme. Je jetai aux pies le talisman glacé et m’enfuis à toutes jambes malgré le vertige.

La balade champêtre qui suivit ne fut pas inutile. J’en tirai une énergie nouvelle qui fit de moi un centenaire. Elle m’a également permis de comprendre qu’il vaut mieux mourir discrètement quand on est vieux, sans se faire remarquer. Le moment venu, je m’en souviendrai.

Le Garde-Mots


La consigne ==> ICI

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30 novembre 2006

Farniente (Le Garde-Mots)

L'art de ne rien faire est le plus curieux, le plus recherché, mais  aussi le plus noble des abandons. Sacha, du fond du lit où il a organisé  sa vie, se prépare un avenir immobile. Les vaches dans les prés, les arbres au bord des rivières, les couleurs de l'arc-en-ciel, vagues relents funambules d'une vie antérieure, ne sont plus que les témoins de son imagination fossile.

litLe repos est, chez lui, une sorte d'anarchie organisée. "Travail" est l'antonyme absolu, le mot qui s'oppose à tous les autres, à tous les jeux de maux qui hantent son imaginaire en voie d'implosion. Depuis qu'il a perdu sa femme, lui, l'adepte de l'anthroposophie transcendantale et du farniente monolithique, n'est plus sérieux que dans l'oubli. Il pratique adroitement l'égocentrisme, le décalage, l'inaptitude, le mépris de ses semblables et de leur indécence à vouloir communiquer à tout prix. En dormant 20 heures sur 24  il installe sa flemme sur des hauteurs chimériques. Sous ses paupières souvent closes l'individualisme est devenu un art de vivre, un témoin de l'hédonisme exacerbé qui lui sert de vulnéraire. Rien ne le tirera plus jamais vers une quelconque destinée. Au village tout le monde l'admire mais personne n'ose l'imiter, lui dont le maître à penser est un personnage incarné à l'écran par Philippe Noiret. Aucun dithyrambe ne le fera sortir de son lit. Aucun cyphonisme non plus. Il y a longtemps que les mouches ont oublié le goût du miel sur sa peau. Depuis l'époque où il jouait avec ses copains à des jeux stupides comme marcher au plafond avec des bottes adhésives, aimer les filles sous prétexte qu'elles portaient des jupes écossaises, conduire des voitures en marche arrière en se guidant sur ce qu'il voyait dans le rétroviseur.

Morale, éthique, respect sont, à son avis, des coquilles vides, des boules d'ombre aux règles improbables. Pour lui, l'horizon s'est, une fois pour toutes, coagulé. Il ne sort plus de chez lui depuis longtemps, n'arpente plus les sous-bois ni les rues de son village. Il envoie son chien faire les courses à sa place, comme il l'a vu faire dans le film. Immobile dans son lit comme si le temps l'avait empaillé, on dirait un lapin virtuel atteint de myxomatose, auquel nulle taxinomie ne redonnera jamais sa place dans l'univers habité.

Il se demande parfois quel est le sens de la flèche du temps, si le goût du baiser est le même dans la vie et dans la mort, si la gentille époque des confidences au coin du feu reviendra un jour. Bref il ne sait plus s'il a bien fait de se retrancher du monde. Le repos intégral c'est l'or des fous, la chalcopyrite spirituelle qui fait de lui un gisant avant l'heure.

Et pourtant il y a une déhiscence dans son quotidien. Il n'a conservé qu'une seule ambition : savoir pourquoi il s'appelle Sacha. Il est trop tard pour se lever, sortir de sa maison, se rendre en ville, pousser la porte d'une librairie et s'acheter un dictionnaire des prénoms. Ce serait un effort  inutile et qui compromettrait son acte votif permanent. Et pourtant, s'il osait renoncer à son propre défi, il en apprendrait de belles. En russe Sacha est le diminutif d'Alexandre. S'il le savait il comprendrait pourquoi ses parents, nés sur les bords de la Néva d'ancêtres inconnus, ont choisi de le nommer ainsi.

D'un autre côté il vaut mieux qu'il s'abstienne. Tant qu'il l'ignorera il y aura de l'espoir. Il sera bienheureux pour son propre compte et non pour la mémoire d'un gentil film que tout le monde admire. Certes il est drôle et de bon aloi, mais il a un énorme défaut : le chien Marcel, qui donne la réplique à Noiret, est un cabot.

Le Garde-Mots


Mots obligaroires "13 à la douzaine" n° 4

Posté par Christine_ à 07:50 - Le Garde-Mots - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 novembre 2006

Journal d'un diariste constipé (Le garde-mot en personne)

Il vient de m'en arriver une belle. Jusqu'ici ma vieille aboulie  m'empêchait d'écrire. Je n'avais pas besoin de connaître l'accord du participe passé en genre et en ombre, ni d'acheter du café Grammaire pour me tenir éveillé, ou encore de mettre un tampon sur les règles d'orthographe. Je n'avais aucun goût pour l'écriture écrivante, ce qui m'évitait de penser, et c'était bien.

Et puis un jour j'ai eu une altercation avec une coccinelle. Enfin, avec la conductrice d'une coccinelle. En préambule je dois dire que je ne sais pas conduire les métros, c'est pourquoi je me déplace en autobus. En fait, ce jour là, j'avais pris mon vélo car je venais de   m'acheter un pantalon et je voulais le tester. Allait-il résister ? Allait-il craquer ? Bref je m'entraînais sur une aire de stationnement quand une rainette croisa mon chemin en faisant des bonds hystériques. Magnanime, je fis un écart pour lui laisser le temps de trouver un bocal ou une mare, ou la plus proche station météo. C'est ainsi que je me retrouvai face à une grosse dame en train de s'extraire comme elle le pouvait de sa voiture jaune vermillon. Mon guidon se coinça entre ses seins, ce qui, vous le reconnaîtrez, est un drôle d'endroit pour une oaristys. La dame m'injuria, me traita de mouche à roulettes, de coléoptère adelphe, de trublion pacifiste et autres oxymores bien senties. Elle finit par bafouiller de colère, s'exprimant de manière obscure, vaginale ou clitoridienne je ne sais trop, maniant le pataquès comme un personnage de film contemporain. Je ne répliquai pas car je n'avais pas de mots assez forts pour l'empêcher de me hurler dans les oreilles les accents de son plaisir et de ses injures.

Ce traumatisme réveilla en moi le besoin d'évacuer les matières à délire que je retenais depuis trop longtemps. Je courus m'installer devant une bière et un ordinateur dans un cybercafé, je demandais à mon voisin une leçon de piratage et, pour la première fois, je me mis à bloguer compulsivement. Depuis lors j'écris mes billets sur le blog des autres, répandant, sans éprouver la moindre difficulté à craquer leurs mots de passe, le flot incessant de mes envies poétiques dans les méandres de leur pensée et je signe "Le blogueur masqué". Mon succès ne se dément jamais. Les internautes vont de blog en blog à la recherche de mes incongruités. Quand ils me retrouvent ils me demandent si j'habite Internet ou le vaste monde en décomposition. Je leur réponds que j'habite les mots, et ils repartent, heureux, à la conquête de la planète des songes.  C'est ça la sérendipité.

rappel de la consigne ==> ici

Posté par Christine_ à 20:01 - Le Garde-Mots - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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