24 février 2009
Si pauvre !!! (Claudie)
Dans le dédale du cosmos, le syndrome de la politique ne m’atteint plus.
Emphase de la rhétorique, analyse du gallicisme, faut-il que je parle par ellipse ou que je tente d’être synchrone avec l’apostrophe de tous ces saints qui continuent à m’envoyer pléthore de leurs messages ?
Certains en caractère gras soulignent ma pauvreté face à la richesse des mots
Enseignement, début, fin, encore, toujours....
Claudie
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01 janvier 2009
Le Père Noël n'est pas une ordure (Claudie)
Je suis au milieu de la foule, la neige fond, grise, sale sur les trottoirs où les gens se pressent à cette heure tardive ; magasin pleins de lumières des guirlandes qui pendent pour inviter les derniers acheteurs du cadeau oublié.
Je n’ai pas la joie à me gaver de cette éternelle dinde farcie aux marrons, elles me glacent ces traditions, m’obligeant à réveillonner parce que c’est, le, repas de famille annuel.
Et si au lieu de m’asseoir au milieu de ces convives qui se croient obligés de se sourire pour un soir au milieu des cristaux pleins de champagne, de l’argenterie brillante sortie de ses tiroirs, j’allais festoyer dans la rue, avec mes copains les Sans Domicile Fixe, eux qui n’auront pour étrennes que le sourire des passants qui oseront leur souhaiter une bonne soirée.
Et si je volais le traîneau du Père Noël, qui m’emmènerait loin de ces ripailles, laissant les santons seuls dans leur crèche au pied du sapin, pour distribuer des cadeaux d’espoir à tous ceux qui n’ont rien, ou plus rien.
Le Père Noël est là, il m’a entendu, je n’aurai pas à voler sa cargaison, il m’emmène, ses cerfs galopent, se fraient un couloir au milieu des gens qui se dépêchent et, paquet après paquet enrubanné, nous offrons aux gens de la rue ces cadeaux d’un soir, afin qu’ils puissent eux aussi, recevoir.
Claudie
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10 novembre 2008
C’est un hold-up ! (Claudie)
Moi l’ennemi public numéro 1 de la finance, je tiens en joug des otages.
Invité surprise au milieu de tout ce gratin en habit noir de pingouin, je dénote.
Les banquiers ne connaissent pas la crise, c’est bien connu. Font péter les bouteilles de champagne sans vergogne ; moi, je préfère le crépitement des balles d’un bon pistolet magnum, aux pétillements des bulles des taux d’intérêt qui s’élèvent dans la récession.
Je ne suis pas suicidaire, pas de carnage, juste leur faire les poches dans la douceur. Avec le sourire, j'ai remarqué, ils aiment bien sourir les banquiers quand ils veulent notre fric.
En bas dans les garages, je suis attendu, ce soir nous organisons un contre-banquet, pour aider ceux qui travaillent.
Pour cela on a besoin de tunes, chaque mois, on cible une de leurs réunions, et moi, le pirate des gros sous, je fais les poches.
Un courtier nous place le magot, il est dans les crackers, enfin c’est ce qu’il dit.
Il achète le matin, il téléphone à ses copains et hop, vend le soir ; enfin du profit pour la pauvreté !
A ce rythme là, on va finir par ouvrir une banque, pas en France, qu’il nous a dit, dans une île lointaine. Savais pas qu’il y a avait des banques dans les îles, mais, c’est lui qui sait.
- Eh, toi là bas, mets pas ton pognon dans ta chaussette, j’tai vu.
11 octobre 2008
Sombre dimanche (Claudie)
Une nuit noire était tombée sur la petite ville, le bar allait fermer.
Je savais bien que Dieu était un fumeur de havane, mais la lourde fumée qui flottait piquait bougrement les yeux.
Une fumée de havane ? Un relent de vieille gitanes sans filtre plutôt.
La pluie qui tombait sans arrêt depuis le début de l’après-midi ne pressait pas les personnes à sortir dans la nuit froide de l’oubli.
Cela faisait maintenant quatre heures que je sirotais un whisky infâme, en lorgnant les p’tites pépées dans leur robe de cuir comme un fuseau. Fallait pas que je rate le départ des deux olibrius que je suivais.
Comment avais-je pu accepter cette chasse à l’homme dans cette cambrouse perdue au fin fond de l’Ohayo.
L’humidité constante en ce mois d’août m’avait obligé à mettre ce vieux pull bleu marine, celui que j’avais perdu dans la piscine ; les choses sont ainsi faites que c’est un des deux que je filais qui l’avait récupéré.
J’avais pu voir dans ses yeux couleurs menthe à l’eau, regard aussi plat que son électroencéphalogramme, qu’il ne savait pas que je le collais aux fesses depuis trois jours.
Le barman avait annoncé qu’il fermait, j’allais pouvoir me lever. Les jambes coincées sous cette table commençaient à me fourmiller d’impatience.
Je m’étais levé un peu raide, c’est vrai que je marche moins bien qu’avant sur ma jambe de bois.
Je les avais laissés sortir, connaissant leur voiture, pas de risque de les perdre.
Toute la pluie tombait sur moi, j’ai mis mon petit chapeau, celui que les filles trouvaient rigolo, lorsque j’allais sur la plage pour protéger mon blaire du soleil trop vif de l’été ; quand te reverrais-je pays merveilleux, où ceux qui s'aiment vivent à deux ?
Un coup de chauffage, de la musique, je ne savais pas combien de temps j’allais rouler, ils devaient chercher une planque pour la nuit.
J’espérais qu’ils ne m’entraîneraient pas sur la route de Memphis, j’avais les paupières trop lourdes pour faire cette longue route.
Des arbres, une ligne droite, des arbres, quelques voitures, fallait que je lève le pied, je ne n’étais pas sur la nationale 7. Ah douce France ! Comme j’avais hâte de regagner ma Méditerranée.
La voiture des deux lascars s’était arrêtée sur le bas côté près d’une autre voiture qui avait l’air de les attendre.
J’aimais pas trop, j’avais bien mon pétard dans la boite à gants, mais si eux sortaient leurs flingues, j’étais mort dans la riposte.
L’échange allait-il se faire ici ? Je n’y avais pas pensé.
Je ne pouvais pas me permettre de me garer, trop visible, ma ptite auto.
Un peu plus loin, je faisais demi tour, les pneus grinçaient, du 360° que je leur faisais faire.
Une immense gerbe de feu m’avait accueilli, une grosse cylindrée noire était en l’air, comme si elle réfléchissait à ce qu’elle devait faire ; rester dans sa pause incertaine ou redescendre ?
La berline avait pris comme tremplin la wolswagen qu’elle avait décapitée au passage.
J’arrivais pas à comprendre ce qui s’était passé.
La voiture rouge que je suivais depuis trois jours était en feu, les deux bougres devaient rôtir dans cette fournaise ; on naît, on vit , on trépasse...
Je voulais m’approcher, fallait pas être chien tout de même et puis, si je pouvais récupérer mes gus, même un peu cuits, je pourrais leur retirer des informations.
J’allais me ranger, pas trop prêt, il suffisait d’une étincelle, d’un rien pour que j’explose à mon tour.
Je descendais, la pluie avait cessé.
- Coupez, on reprend demain.
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14 septembre 2008
Pas de marbre (Claudie)
Je me demande ce que cet homme me trouve.
Il me tourne autour, recule d’un pas, se rapproche, s’éloigne encore. Pourtant, je n’ai rien d’une Vénus, moi hideuse sculpture aux lignes informes, sans charme aucun.
Je garde la tête froide, ne bouge pas, je suis heureuse d’être enfin admirée.
Je suis restée si longtemps enfermée dans ce sous sol infâme, vieillissant, sans qu’aucun regard ne vienne se poser pour me rappeler que je suis une femme.
Ma poitrine qui pend lamentablement semble attirer cet Apollon qui n’ose pas, je le sens bien, caresser mes seins.
Je soupire d’aise, il ne m’entend pas.
Je tenterai bien de bouger pour attirer ce félin dans les lignes de mon filet. Remuer un tout petit peu mais je crains de me retrouver éparpillée à ses pieds.
De mon socle, je peux admirer les merveilles du parc illuminé des feux d’artifice qui crépitent.
Feux de joie qui embellissent les architectures de ce château dont je suis l’hôte depuis que l’arrière petit fils du sculpteur m’a achetée.
Je frisonne, l’humidité qui se dépose sur mon corps me refroidit.
L’homme revient, se déciderait-il à m’emmener avec lui ?
Il s’assoit sur mes pieds, cela m’émeut, et je rêve, je m’alanguis et je me revois lorsque j’ai servi de modèle à ce massacreur qui m’a transformée en une œuvre d’art infâme.
Qu’a t’il fait de ma beauté ?
Il a transformé ma beauté de chair en me tapant dessus avec son burin, écorchée avec son ciseau, fait tomber la poitrine, et rendu mon ventre flasque.
Cet artiste m’a laissé en souvenir son étui fixé à ma taille, qui contient encore de la poudre qui lui a servi pour armer son pistolet lors d’un duel qui a mit fin à sa carrière.
Il m’a laissée en plan, je suis manchote, je suis une œuvre d’art inachevée.
L’homme se relève et part. Il me laisse plantée sur mon piédestal, seule.
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04 mars 2008
Chez Gégé (Claudie)
Alfred Lombard "Le bar N à Marseille"
Perchée sur un tabouret au comptoir de l’estaminet « chez Gégé », elle sirotait un jus trop sucré, en attendant le pigeon qui lui permettrait de lui piquer quelques billets. Oh, pas en lui subtilisant son larfouillet, pas folle la môme, non, en tant que pétroleuse réputée, elle pousserait la lourde de sa tôle au 1er étage. Un calin pour des hommes à la recherche de coquineries que leurs régules ne font pas, pour quelques billets bien craquants. Elle allume une clope et un courant d’air, lui fait tourner la tête. « La porte » hurle t’elle..
Emile entre. Emile dit le plouc, dit le poussin à cause de son amour démesuré pour les tatanes jaunes ; il s’est pris d’une frénésie de coquetterie depuis sa sortie de tôle. Pourtant son bavard, lui a bien dit qu’il fallait qu’il soit plus passe muraille, et qu’il change son renard et ses pompes jaunes par du discret, du moins criard quoi.
Ce blaireau ne pense qu’au pognon que la blonde platine lui fait rentrer dans les bacreuses afin d’améliorer sa jaffe. Il s’approche du bar et assène une telle louche à la belle, qu’elle en tombe de son tabouret. C’est qu’il est plein de manière le zig. La blonde se redresse sur ses talons et lui empoigne les valseuses en lui disant : « plus jamais ça pauvre loufiat».
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10 février 2008
Sur le macadam (Claudie)
L’homme allongé sur le macadam mangeait des fraises.
A ses côtés, une très longue chevelure rousse enveloppait le corps nu d’une diablesse aux longues mains quasiment diaphanes, posées sur ses genoux : elle méditait ; offrant sa beauté aux passants interloqués qui n’osaient s’arrêter, pour goûter à cette insolence des corps exposés.
L’homme prenait délicatement chaque fraise dans une coupe et, d’un geste lascif, la portait à sa bouche charnelle, teintée carmin par le jus de la fraise.
Les lèvres entouraient ce fruit, et d’un coup de dent sec, croquait. Le jus coulait le long de ses commissures. Son index droit, essuyait lentement cette coulure, d’une façon absente, il ne fallait pas que ce geste se substitue au plaisir sensuel que semblait lui provoquer, le jus de la fraise qu’il avalait.
Les passants les plus hardis, de loin, par fausse pudibonderie, regardaient. Cachés derrière leur lunettes de soleil, seul écran pour dissimuler leurs émois, réveillant pour certains une libido qu’ils croyaient endormie depuis si longtemps, devant ce délicieux tableau.
Un léger frisson parcouru le corps dénudé de la jeune femme. Un homme s’enhardit et d’un geste vif, attrapa une étole de satin inutilement à terre et la jeta, plutôt qu’il ne l’enveloppa, sur la jeune femme, comme l’artiste couvre son œuvre.
Par ce geste plein de mansuétude, il a séparé ce couple enlacé, qui goûtait leurs lèvres. Il venait de casser les phantasmes de certains de ces spectateurs qui, debout, immobiles, silencieux, admiraient depuis un moment ce tableau vivant, posé dans la rue, telle une oeuvre d’art.
Claudie
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