Autour des mots

Joue, jouons, jouez

01 mars 2009

L'orateur (Christine_)

orateurAprès l’apostrophe que j’ai subie, j’ai pu m’apercevoir de son caractère cartésien. Ses mots errent dans un dédale de gallicismes pour déambuler ensuite dans une ellipse de phrases dont je ne devine plus la sortie mais que lui semble maitriser parfaitement. Parfois silencieux en période d’analyse, il utilise ensuite toute sa rhétorique pour m’asséner une pléthore d’adjectifs déstabilisants. L’emphase avec laquelle il s’exprime ressemble à celle de ces hommes politiques convaincus qu’il s’agit là de la seule manière de marquer les esprits. Ses deux hémisphères paraissent fonctionner de manière synchrone dans son cosmos.  Est-ce là le syndrome de l’intelligence.

Christine_

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29 novembre 2008

Un banquet raté... (Christine_)

Les deux serveurs, Bob et Jessi étaient planqués sous le bureau pensant qu’ainsi les terroristes ne les verraient pas. Respirations bloquées, fronts humides, regards affolés derrière leurs paupières fermées, ils attendaient, ils écoutaient. Ils n’étaient plus que deux énormes oreilles guettant le moindre craquement, le moindre froissement de tissu, le moindre pas. Ils ne savaient pas s’il s’agissait d’un commando suicidaire prêt à tout faire sauter…ou simplement d’une prise d’otages.

Quelques heures plus tôt, ils assistaient à un banquet où le Champagne coulait à flots. L’un des convives avait sabré le magnum d’une manière spectaculaire provoquant chez les invités des hooo d’étonnement. Malgré la crise, le gratin de la région ne manquait pas une occasion de se réunir autour d’un repas gargantuesque interdit, bien entendu, au public et surtout en cachette de la pauvreté qui sévissait dans le coin et dont les finances étaient au plus bas, appauvrie encore au profit des plus riches, qui eux continuaient à s’enrichir. D’ailleurs, Bob et Jessi avaient été grassement payés pour cet extra, une prime démesurée achetant aussi leur silence.

Soudain un bruit étouffé se fit entendre dans le bureau. « Ils arrivent ? » se dit Bob, se faisant de plus en plus petit. Ceux qui, un peu auparavant avaient fait irruption au milieu du banquet, armés jusqu’aux dents s’approchaient donc. « Peut-être sommes nous repérés » dit Jessi, à voix basse, le visage blème.

C’est alors que la fenêtre du bureau s’ouvrit d’un coup sec et qu’une femme fit irruption. Elle portait de chaque côté de ses cuisses galbées à souhait, un pistolet. Elle était brune, les cheveux noués en un longue et volumineuse tresse qui suivait tous ses mouvements. Elle se faufilait entre les meubles anciens du bureau et s’approcha de la porte. C’est alors que Bob fut pris d’une crise d’éternuements. La femme se retourna brusquement et  s’approcha du bureau. « Sortez de là-dessous » dit-elle d’une voix tranquille.

Bob, malgré la douleur qui lui tenaillait le ventre,  remarqua son Tshirt vert, moulant une poitrine bien faite. Son regard noisette était plongé dans le sien et il ne savait plus quoi dire, séduit par cette beauté sauvage, sous le regard réprobateur de Jessi qui claquait encore des dents.

« Suivez-moi… et pas un bruit…». Elle fouilla dans son inventaire et sorti une petite fiole de liquide mauve qu’elle leur demanda de boire. Avaient-ils le choix ? Elle était armée jusqu’aux dents. Ils se sentirent tout à coup beaucoup mieux et prêt à affronter ce qui se trouvait derrière la porte du bureau. Ils avancèrent dans l’allée. Tout n’était que silence. Aucun bruit ne leur parvenait du salon. Lorsqu’ils arrivèrent à l’embrasure, ils tentèrent un regard et là … surprise… la salle était vide. « Ca fait des heures que les autres ont été emmenés…et j’avoue que ça m’arrange bien. Vous êtes libre, j’ai encore des tonnes de choses à faire »…

Jessy tenta un « qui êtes-vous ? » mais pour seule réponse la jeune femme expliqua « il parait qu’une carte est cachée dans le coffre de ce bureau en plus d’un diamant de sauvegarde… Je vous retrouve plus tard pour la suite des aventures : Le banquet des planqués. Au fait, je m’appelle, Lara, Lara Croft » dit-elle avec un large sourire découvrant ses dents blanches… ;o)

Christine

Lara Croft

lara

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08 octobre 2008

Souplesse relative (Christine)


death_proof_accident Marion…

Une nuit noire était tombée sur la petite ville, le bar allait fermer... Marion proposa alors une virée en boite de nuit. Son amoureux fit la moue, il n’avait pas envie d’aller en boite mais gentiment lui proposa quand même de l’y amener si elle le souhaitait. Elle refusa. Marion était une jeune fille au caractère très affirmé, ce qui lui donnait un charme singulier, fascinant. Elle avait 18 ans, blonde, très belle, très sûre d’elle. Aubain était fier d’être son ami du moment. Il savait que c’était la plus belle fille de la ville à ce qu’en disaient toujours ses potes, mais c’est lui qui avait réussi à la séduire.

Les voitures étaient garées devant la petite porte vitrée du bar, couverte de petites annonces des évènements de la ville auxquelles se mêlaient les horaires d’ouverture, l’interdiction aux chiens, et le menu du jour.

La petite bande resta un moment sous l’éclairage d’un réverbère, témoin involontaire et silencieux de leurs échanges. Certains voulaient rentrer chez eux, d’autres aller danser, d’autres, les toujours indécis, ne savaient pas. Marion, bien décidée s’installa dans la voiture de son amie Sylvie et s’écria à qui voulait l’entendre « Allez, on s’arrache, le « Scotch » nous attend… ». Le Scotch était une boite de nuit perdue dans les hauteurs de la chaîne de Belledonne.

Sylvie s’installa au volant et elles disparurent dans la nuit.

Marion dansait au son du disco, elle virevoltait, s’imaginait sur un nuage, libre de ses mouvements, libre de respirer, vivante, grisée par la musique. Sylvie la suivait. Elles s’étaient offert une bouteille de Whisky avec quelques amis qu’elles avaient retrouvés sur place. Les verres se remplissaient et se vidaient à tour de bras mais Sylvie, sachant qu’elle conduisait, se servait des jus d’oranges.

L’heure tournait, l’aube apparaissait déjà à l’horizon sous la forme d’une lueur discrète et il fallait penser à rentrer. Sylvie proposa de faire une pause boulangerie histoire de faire un petit coucou au boulanger qui devait déjà être à pied d’œuvre. Elle savait qu’ils les attendaient comme chaque samedi soir. Il laissait spécialement la porte de derrière ouverte afin de les voir pointer le bout de leur nez, quémandant des croissants chauds tout juste sortis du four. Il lui arrivait même de leur préparer un petit bol de chocolat comme lui seul en avait la recette. Ce chocolat épais, onctueux et brillant qui enveloppait la pâte chaude et croustillante. Marion salivait déjà à l’idée de ce merveilleux petit moment de bonheur.

La route défilait sous les phares, traversant des prairies et des bois. Sylvie freina brusquement lorsqu’une horde de sangliers traversa la route devant ses roues pour rejoindre la forêt de l’autre côté. Ils étaient une quinzaine, les plus gros courant devant, les plus jeunes à la traîne. Marion et Sylvie éclatèrent de rire en voyant le petit dernier se dandiner dans les phares ne sachant apparemment plus où étaient passés les autres, puis, se ravisant, narines au vent, il disparut dans le talus.

Marion se réveilla avec cette image. Elle avait encore le sourire aux lèvres en revoyant l’affolement de ce petit marcassin. Elle essaya de se lever mais ne sentait plus son corps. Elle regarda autour d’elle, ce n’était pas sa chambre… Une femme en blouse blanche s’approcha et lui souriait d’une mimique un peu crispée. « Qu’est-ce qui se passe ? » demanda Marion, « Qui êtes-vous ? »… L’infirmière lui demanda de garder son calme, un médecin allait arriver.

Vingt-cinq ans après, Marion se souvient encore. Ses vertèbres ont été écrasées lorsqu’un véhicule les a percutées brutalement par l’arrière. L’accident fut d’une rare violence. Leur véhicule fut coupé en deux dans le choc. Le jeune homme avait bu plus que de raison. Il s’en est sorti avec quelques contusions, tout comme Sylvie.

Les médecins ont pris quelques fragments d’os sur ses hanches pour reconstruire les vertèbres. A part cela, Marion n’avait rien, ni côtes cassées, ni jambes fracturée, juste deux petites vertèbres qu’on appelle dans le jargon médical C5 et C6, juste deux petits os fragiles mais si indispensables.

Marion ne dansa plus jamais… Elle vit aujourd’hui entourée d’auxiliaires de vie qui font à sa place les gestes de tous les jours. Elle est toujours jolie et a gardé cette force de caractère qui lui a permis de survivre malgré tout. Mais le plus important est qu’elle a repris son sourire, il aura fallut pour cela six longues années…

(Cette histoire n’est pas totalement vraie. En fait, Sylvie avait bu plus que de raison, elle conduisait beaucoup trop vite dans les petits virages montagneux. Marion lui hurlait qu’elle allait trop vite, lui demandait de s’arrêter et de la laisser continuer à pied mais Sylvie n’entendait rien et à l’entrée d’un virage, Marion su que le véhicule ne le prendrait pas. La voiture sortit brusquement de la route… Il y a 25 ans, les ceintures et les appuie-tête n’étaient pas obligatoire… La suite est réelle…)

Christine le 08.10.2008


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03 septembre 2008

l' Apollon du petit jour... (Christine_)

regard_d_hommeAu petit jour je me rappelle... soirée magique dans un lieu aux architectures soignées, aux murs couverts d'oeuvre d'arts.

Au milieu tronnait un apollon qui caressait les lignes de mon corps de son regard félin. Une beauté au milieu des merveilles du lieu. J'apercevais cet homme debout dans le miroir de ma boite à poudre.

Il avait beaucoup de charme et je me rappelle avoir eu très envie de me repoudrer le nez après l'avoir aperçu.  Va t'il remarquer que la femme qu'il regarde intensément  se prend à onduler soudainement comme une Vénus ? Ah que j'aimerai être son étui...

Christine

Bon ok,  j'ai fait dans le facile... à vous maintenant... ;o).

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10 novembre 2007

Idéalime (Christine)

homo_sapiensZones, bandes, clans, groupements, religions, autant de divisions dans la noosphère de l’homo sapiens qui ne descendrait pas du singe comme pourrait nous le faire croire l’anthropologie physique. En effet, ce serait Eve elle-même, ou son palindrome evE, qui aurait mis au monde ces créatures taciturnes.

Certaines d’entre elles sont atteintes d’un syndrome inquiétant :  la fainéantise. Aucun baume, aucune pénitence ne semble efficace contre cela. Il n’empêche que sans être en possession de cet élément consomptible que sont les allumettes, l’homo sapiens savait quand même en des temps lointains, faire jaillir la flamme avec ses mains. Aurions-nous régressé ?

On peut aussi espérer que dans un avenir proche la vanité de cette espèce sera remplacée par une empathie pouvant mener à l’irénisme. La télépathie n’étant pas encore une science prouvée, l’homme devra faire des efforts pour comprendre son prochain. 

Christine

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29 septembre 2007

Rupture

gants

"Je t'avais pourtant prévenu, la vie ne fait pas que des cadeaux..." me dit-elle en enfilant doucement ses gants roses, brodés aux poignets de fines fleurs colorées. Mes yeux restaient figés sur ce geste banal. Ces gants, ses gants qui n’étaient plus tous jeunes et qui avaient une histoire, son histoire, notre histoire.

Je les lui avait offerts lors de nos fiançailles, elle les avait adorés et ne s’en était plus jamais séparés. Ce geste qu’elle faisait machinalement devant moi en disait plus long que ses paroles. Elle me quittait et en même temps elle me narguait, lentement, croisant méticuleusement ses mains, entrelaçant ses doigts pour que les gants les épousent parfaitement. Notre relation avait durée moins longtemps que ces magnifiques gants de cuir. Quelques années auront suffit à anéantir notre passion, mais le rose de ses gants était presque intact, même si le bout des doigts était témoin de bien des aventures.

Oui, elle m’avait prévenu, mais je n’avais pas prêté attention à ses plaintes de me voir si peu souvent, je n’avais pas fait attention, je n’avais pas voulu entendre. Mon travail, ma carrière était ce qui comptait. Elle, elle était ma femme, acquise me semblait-il, ma chose, toujours là, présente, à l’écoute. Elle m’écoutait mais moi je n’écoutais que moi, mes problèmes, mon égo.

Elle me tourna alors le dos, et je vis ses mains gantées se poser sur sa valise et disparaître.

Je restais là, prostré, du rose plein les yeux, incapable de la retenir…

Christine

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25 avril 2007

Pause pour une pose (Christine)

Nu"« Ecoute, soit tu acceptes, soit tu refuses, il n’y a pas une kyrielle de solutions ! ». C’était un ultimatum de sa part. J’hésitais beaucoup à poser nue pour ce peintre. Il est vrai que ma vertu n’en prendrait pas ombrage, c’était juste une pose, banale pour un peintre de talent. Bien qu’il soit un sybarite connu et reconnu, j’avais toute confiance et malgré cela j’hésitais encore… pourquoi ?

Je planais dans le labyrinthe de mes réflexions en me demandant si finalement je ne faisais pas du misonéisme en refusant cette proposition car finalement cette situation serait une innovation dans mon cadre de vie habituel. Poser NUE pour un homme, qui va observer jusqu’au moindre défaut de mon corps… c’est presque un pléonasme car, dans mon esprit, mon corps est un défaut à lui seul. Il est vrai que je ne ressemble pas pour autant à une chimère. J’acceptais, non sans me demander comment je me trouverais, assise là, devant son regard.

Allongée comme une déesse sur un voile de satin, laissant aller mes formes au gré de la lumière qu’il dirigeait vers moi, je posais… et posais encore durant des heures. Je devinais du coin de l’œil ses pinceaux frétiller sur la toile et son regard… LE regard du peintre.

Dans la pause qu’il m’avait demandée de prendre je me sentais comme une vierge demandant l’absolution de ses pêchers, regardant vers le plafond avec une totale béatitude. Il m’était difficile de rester en place, immobile durant des heures et lorsque mes lèvres esquissaient ne serait-ce que le souffle d’un mot, il me répondait « Tais-toi-et-chante ! ».

Le tableau fut terminé mais je n’avais pas l’autorisation de le voir. Même un stage à l’école des proculiens n’aurait pas changé son avis, "Ce tableau m’appartiens et tu ne le verras que lorsque j’en déciderais".

Lors du vernissage, enfin, mes yeux découvrir l’œuvre dont j’étais la source. Ce fut avec une surprise non dissimulée que je vis de nombreuses personnes se presser devant le tableau et le couvrir de compliments, l’observant presque à la loupe… Je me sentais mal, comme si toutes ces pupilles me regardaient... nue…

Il s’approcha alors de moi et, dans une étreinte presque amoureuse, me murmura à l’oreille, "c’est gagné, ton corps est devenu une œuvre immortelle… "

Christine


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25 mars 2007

Brainstorming mythique (Christine)

   Van Gogh "Nuits d'étoiles sur le Rone"Van_Gogh_Nuit_d_etoiles_sur_le_Rone
Khermès
venait de quitter la magnifique Shivas, avec qui il avait bu plus que de raison et décidait de venir se désaltérer dans le courant d’une onde pure, non pas par soif mais pour faire passer cette migraine que lui avait donné la belle.

La rivière coulait, limpide, à ses pieds. Son regard fut attiré par la transparence de l’eau mais plus encore par ces paillettes qui scintillaient à la surface et semblaient descendre le courant. Il remonta jusqu’à ce qui lui semblait être la source de ces brillants et aperçu Alone, assise sur le haut de la colline et pleurant toutes les larmes de son corps. Chacune de ses larmes était un diamant. Il lui demanda alors la cause de son tourment et elle lui répondit dans un sanglot que chaque larme représente un cœur solitaire qui l’appelle à l’aide. Que faire, c’est trop de travail pour elle seule. Il lui proposa d’appeler Affreudite à son secours. Elle donnera aux laids une beauté sublime qui leur permettra de trouver l’âme sœur. Elle trouva l'idée intéressante.

Pendant ce temps Arte-miss feuilletait  sa revue télé 1000 jours, égrainant un à un les programmes proposés. De son doigt magique, elle retouchait tout ce qui ne lui convenait pas et changeait un feuilleton amerloque en message culturel bien ennuyeux. Ce dont elle ne s’apercevait pas, c’est que de moins en moins d’humains regardaient la télé. D’où, l’ire de Jew-Peter qui voyait les actions des chaînes baisser dangereusement. Après renseignements pris auprès de Crédagricos, il décida de convoquer en urgence Baccara, Artiste et Vaudouédonkornikar afin de les amener à réfléchir sur une solution de jeux culturels qui intéresseraient les humains. La séance de réflexion fut longue et difficile, mais le résultat allait au delà de ses espérances. C’est ainsi que les trois dieux proposèrent "Autourdesmots", une émission sympa alliant jeu et culture. Alone fut heureuse de cette décision car cette émission révolutionnaire regroupait également des célibataires dont elle n’aurait pas à porter les larmes. Tous les dieux réunis, firent la fête autour de Shivas et Khermès, et au travers des nuages, on pouvait apercevoir dix nouvelles étoiles qui brillaient de milles feux.

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25 février 2007

Nuit d'ivresse (Christine)

femme_nue_drapA son réveil, tout semblait si différent. Elle avait l’impression de s’être fait baiser en profondeur par ce mec libidineux qui se trouvait à côté d’elle, sous les mêmes draps, dans le même lit.   Elle avait une terrible envie de se gratter la peau, là en bas, sous le triangle tant convoité par les hommes. Ses lèvres étaient sèches. Elle se lève telle une nymphe s’enroulant dans son drap de satin et laissant le corps à nu de cet olibrius dont elle ne se rappelait même plus le prénom.  Dans la cuisine, elle se sert un verre d’eau et caresse sa chatte au passage lorsqu’elle entend une voix venant de la chambre :

- Hummm encore une petite sucette ?

- Des clous ! T’as profité hier soir,  maintenant t’as plus qu’à te faire un solo…

- Ben qu’est-ce qui t’arrives ma beauté ?

- Il m’arrive que j’étais trop bourrée hier pour m’apercevoir que tu as le sexe appeal de mister Pan, tu connais, celui qui sent le bouc ? Et je ne m'appelle pas Séléné pour me laisser séduire même si tu m'offres un steack de boeuf blanc  !

- hé ! Tu ne disais pas ça cette nuit, t’as pris ton pied non ?

- Si tu ne quittes pas immédiatement ma piaule c’est dans ton cul que tu vas le prendre mon pied !

Le zigoto, conscient d’avoir un peu abusé de la situation la nuit précédente se rhabilla et ripa les galoches sans mots dire...

Elle entend la porte se refermer. Ce maudit blues s'empare à nouveau d'elle. Elle se dirige alors vers sa chaîne, appuit sur play et reprend son calme en écoutant "Night in white satin", ses yeux se ferment  doucement, ses lèvres s'entrouvent pour fredonner cet air qu'elle connait si bien ...


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16 février 2007

Hommage...

Hommage à IceTea
qui ce matin nous a quittés,
brutalement,
nous laissant sans voix
vides de sa tendresse
et de son affection

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Le Chat

Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre,
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort tous les cruels maux
Et contient toutes les extases;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a pas besoin de mots.

Non, il n'est pas d'archer qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout es, comme un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux!

- De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu'un soir
J'en fus embaumé, pour l'avoir
Caressée une fois, rien qu'une.

C'est l'esprit familier du lieu;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime
Tirées comme un aimant,
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même,

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

C.Baudelaire - Les Fleurs du Mal

 

 

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Adieu IceTea...

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