Autour des mots

Joue, jouons, jouez

02 janvier 2007

Le jeu du paradigme

En ce début d'année nous vous proposons un nouveau jeu imaginé par le Garde-mots,

le jeu du paradigme.

Dans le texte ci-dessous :
"Vous devez changer les mots en gras et  uniquement ceux-ci, tout en gardant une cohérence à l'ensemble du texte. Vous pouvez choisir le titre.
La langue française est si belle que j'ai tout de suite pensé à Molière. En même temps il est beau de dépasser l'arbitraire. J'ai donc décidé, avant même de le relire, que j'allais prendre les premières répliques de L' Avare (donc : Acte I, Scène 1)." Le Gardien

__________________________________________________________

avare_moliereVALERE
Hé quoi ? charmante Elise, vous devenez mélancolique, après les obligeantes assurances que vous avez eu la bonté de me donner de votre foi ? Je vous vois soupirer, hélas ! au milieu de ma joie. Est-ce du regret, dites-moi, de m'avoir fait heureux, et vous repentez-vous de cet engagement où mes feux ont pu vous contraindre ?

ELISE
Non, Valère, je ne puis pas me repentir de tout ce que je fais pour vous. Je m'y sens entraînée par une trop douce puissance, et je n'ai pas même la force de souhaiter que les choses ne fussent pas.
Mais, à vous dire vrai, le succès me donne de l'inquiétude, et je crains fort de vous aimer un peu plus que je ne devrais.

VALERE
Hé ! que pouvez-vous craindre, Elise, dans les bontés que vous avez pour moi?

ELISE
Hélas! cent choses à la fois : l'emportement d'un père, les reproches d'une famille, les censures du monde ; mais plus que tout, Valère, le changement de votre cœur, et cette froideur criminelle dont ceux de votre sexe payent le plus souvent les témoignages trop ardents d'une innocente amour.

VALERE
Ah! ne me faites pas ce tort de juger de moi par les autres. Soupçonnez-moi de tout, Elise, plutôt que de manquer à ce que je vous dois. Je vous aime trop pour cela, et mon amour pour vous durera autant que ma vie.

Posté par Christine_ à 08:00 - A3 - Jeux du paradigme - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Bonne année Christine et Dino, ainsi qu'à tous vos visiteurs.

Je précise qu'en changeant 13 mots il vous faut donner une histoire différente de l'histoire originale.

Posté par Le garde-mots, 02 janvier 2007 à 19:40

Παράδειγμα (Paradigme)

Gardien, merci pour tes voeux. J'espère que ton Παράδειγμα (Exemple) nous serve réellement d'inspiration pour bien continuer AUTOURDESMOTS et que ce ne soit pas seulement un simple Δείγμα (Échantillon). Bientôt, ma participation au jeu.

Posté par Dino, 04 janvier 2007 à 17:48

Désolée pour les commentaire de Juliette ou/et de Rachel que j'ai supprimés. En effet, le lien indiqué sous le pseudo était incorrect et ressemblait à une publicité vers un site ou plutôt un nom que je ne nomerais pas ici. Je supprimerai de ce blog tout lien qui pourrait s'apparenter à du spam (nous sommes suffisamment envahi dans nos mails). Le seul lien accepté est celui du site personnel. Je demande donc à cette personne de renvoyer sa version de l'Avare à mon adresse personnelle comme indiqué dans la consigne et l'en remercie par avance. En haut, à droite du blog.

Posté par Christine, 08 janvier 2007 à 16:32

les prêts à gage

tyrannique - loi - grimacer - ensorcellement - yeux - enchaînée - certitude - l'intérêt - l'apauvrissement - sangsues - classe - pauvresse - coûte

Posté par modillon, 28 janvier 2007 à 09:59

bon, je m'amuse

Je trouve que les internautes n'ont pas beaucoup d'imagination...

VALERE
Hé quoi ? charmante Elise, vous devenez politique, après les obligeantes assurances que vous avez eu la bonté de me donner de votre roi ? Je vous vois comploter, hélas ! au milieu de ma joie. Est-ce du regret, dites-moi, de m'avoir fait heureux, et vous repentez-vous de cet établishement où mes voeux ont pu vous contraindre ?
ELISE
Non, Valère, je ne puis pas me repentir de tout ce que je fais pour vous. Je m'y sens enchainée par une trop douce puissance, et je n'ai pas même la force de souhaiter que les choses ne fussent pas.
Mais, à vous dire vrai, le succès me donne de la bravitude, et je crains fort de vous aimer un peu plus que je ne devrais.
VALERE
Hé ! que pouvez-vous craindre, Elise, dans les cadeaux que vous avez pour moi?
ELISE
Hélas! cent choses à la fois : le jugement d'un père, les reproches d'une famille, les scandales du monde ; mais plus que tout, Valère, le changement de votre cœur, et cette froideur criminelle dont ceux de votre parti payent le plus souvent les témoignages trop ardents d'une innocente candidate.
VALERE
Ah! ne me faites pas ce tort de juger de moi par les autres. Soupçonnez-moi de tout, Elise, plutôt que de manquer à ce que je vous coûte. Je vous aime trop pour cela, et mon amour pour vous durera autant que ma vie.

Posté par modillon, 04 février 2007 à 22:38

suite

et je trouve ce jeu, très amusant

Posté par modillon, 04 février 2007 à 22:39

Surtout...

Surtour quand on domine la langue comme il faut, ça donne de très bons résultats, comme les tiens, ça devient vraiment amusant. Sur le même texte proposé par le Garde-mots, nous avons déjà reçu maintes versions differentes qui vont du classique au politique en passant par le populaire. Je trouve aussi amusant, Modillon.

Posté par Dino, 05 février 2007 à 17:33

Modillon

J'ai publié ton texte ici
http://autourdesmots.canalblog.com/archives/2007/02/04/3904625.html

Posté par Christine, 06 février 2007 à 01:09

de l'art et du cochon

VALERE
Hé quoi ? charmante Elise, vous devenez boulimique, après les obligeantes assurances que vous avez eu la bonté de me donner de votre poids ? Je vous vois digérer, hélas ! au milieu de ma joie. Est-ce du regret, dites-moi, de m'avoir fait heureux, et vous repentez-vous de cet empâtement où mes oeufs ont pu vous contraindre ?

ELISE
Non, Valère, je ne puis pas me repentir de tout ce que je fais pour vous. Je m'y sens enchaînée par une trop douce puissance, et je n'ai pas même la force de souhaiter que les choses ne fussent pas.
Mais, à vous dire vrai, le succès me donne de la plénitude, et je crains fort de vous aimer un peu plus que je ne devrais.

VALERE
Hé ! que pouvez-vous craindre, Elise, dans les gâteaux que vous avez pour moi?

ELISE
Hélas! cent choses à la fois : l'appétence d'un père, les reproches d'une famille, les fringales du monde ; mais plus que tout, Valère, le changement de votre cœur, et cette froideur criminelle dont ceux de votre secte payent le plus souvent les témoignages trop ardents d'une innocente cuisine.

VALERE
Ah! ne me faites pas ce tort de juger de moi par les autres. Soupçonnez-moi de tout, Elise, plutôt que de manquer à ce que je vous vaux. Je vous aime trop pour cela, et mon amour pour vous durera autant que ma vie.

Posté par modillon, 12 février 2007 à 17:32

Tu nous gâtes...

...Modillon, j'adore cette version très...gustative ;-))
Je te propose de m'envoyer ton propre jeu du paradigme. Tu choisis un texte d'auteur, les treize mots à modifier et tu me l'envoies à mon adresse mail. Il fera l'objet d'une prochaine publication où nous participerons tous. Tu veux bien ?

Posté par Christine_, 12 février 2007 à 17:53

Classique...

On peut voir que tu es classique. Ta façon de manipuler les mots est très bonne. Comme son nom l'indique, le jeu du "paradigme" (exemple) est relativement facile, essaie de créer quelque chose neuve avec "13 à la douzaine", ou "13 à l'argomuche", ou comme "très érotique" à paraître bientôt ici. Merci pour ta participation.

Posté par Dino, 12 février 2007 à 18:07

renvoi iconoclaste

Bon, je vous ai bien trouvé un texte, mais je n'ai pas résisté à amorcer la pompe. Baudelaire est d'ailleurs pastiché de façon assez contestable.
Renvoi iconoclaste (j'ai honte)

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce nuit qui marche.


Sois sage, ô ma belle-soeur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le bar ; il descend ; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la bière, aux autres le whisky.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le jouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma belle-soeur, donne-moi la main; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes goulées,
Sur les balcons du verre, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le renvoi souriant;

Le serveur moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long soupir traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce bile qui marche.

Posté par modillon, 16 février 2007 à 17:16

Icônes...

Je ne suis ni iconoclaste ni iconolâtre. Et tu pourras me traiter de "maudit"', mais je n'ai pas bien compris quels sont les 13 mots à modifier.

Posté par Dino, 16 février 2007 à 19:01

pardon Dino, je suis restée dans le paradigme.
Tu voulais une proposition de nouveau texte, je t'ai trouvé une des "correspondances" de Baudelaire. Cherche les mots que j'ai changés. C'est tout...

Posté par modillon, 16 février 2007 à 21:50

Mots Dits...

Tu n'es pas sans savoir qu'il existe plusieurs catégories de...maudits (poètes, peintres, artistes, etc.) tous sui-generis, alcoholâtres, vicelards, pleins de marottes, un peu fous sur les bords...dont Baudelaire, Gauguin, et.al.
En plein carnaval brésilien, il m'est plus facile de faire semblant que j'en suis un autre.

Posté par Dino, 19 février 2007 à 12:24

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