Autour des mots

Joue, jouons, jouez

07 avril 2008

Na'hash (mnesique)

adamEveIl est là, sifflotant,
dans son hamac, adam
étendu au frais et observant
le trognon, le délit, cieux à terre
quand Eve, la sangsue, elle,
s'attable au festin à son tour.

Survient alors la folie, bidonville de la pensée.
comme il s'acharne, elle harangue,
alors que de plaies irradiantes ils se couvrent naît à leurs pieds un sol ensanglanté.

Inconscients que le Paradis jamais ne s'atteint.

mnesique

La consigne ==> ICI 

Tous les mots sont dans ce texte. A.mnesique vient d'inventer un nouveau jeu : "trouver les mots obligatoires". Ils sont tous là, à vous de les dénicher. La solution ici

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04 mars 2008

Chez Gégé (Claudie)

Alfred Lombard "Le bar N à Marseille"
BarPerchée sur un tabouret au comptoir de l’estaminet « chez Gégé », elle sirotait un jus trop sucré, en attendant le pigeon qui lui permettrait de lui piquer quelques billets. Oh, pas en lui subtilisant son larfouillet, pas folle la môme, non, en tant que pétroleuse réputée, elle pousserait la lourde de sa tôle au 1er étage. Un calin pour des hommes à la recherche de coquineries que leurs régules ne font pas, pour quelques billets bien craquants. Elle allume une clope et un courant d’air, lui fait tourner la tête. « La porte » hurle t’elle..

Emile entre. Emile dit le plouc, dit le poussin à cause de son amour démesuré pour les tatanes jaunes ; il s’est pris d’une frénésie de coquetterie depuis sa sortie de tôle. Pourtant son bavard, lui a bien dit qu’il fallait qu’il soit plus passe muraille, et qu’il change son renard et ses pompes jaunes par du discret, du moins criard quoi.

Ce blaireau ne pense qu’au pognon que la blonde platine lui fait rentrer dans les bacreuses afin d’améliorer sa jaffe. Il s’approche du bar et assène une telle louche à la belle, qu’elle en tombe de son tabouret. C’est qu’il est plein de manière le zig. La blonde se redresse sur ses talons et lui empoigne les valseuses en lui disant : « plus jamais ça pauvre loufiat».

Claudie

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10 février 2008

Sur le macadam (Claudie)

L’homme allongé sur le macadam mangeait des fraises.

A ses côtés, une très longue chevelure rousse enveloppait le corps nu d’une diablesse aux longues mains quasiment diaphanes, posées sur ses genoux : elle méditait ; offrant sa beauté aux passants interloqués qui n’osaient s’arrêter, pour goûter à cette insolence des corps exposés.

L’homme prenait délicatement chaque fraise dans une coupe et, d’un geste lascif, la portait à sa bouche charnelle, teintée carmin par le jus de la fraise. 

Les  lèvres entouraient ce fruit, et d’un coup de dent sec, croquait. Le jus coulait le long de ses commissures. Son index droit, essuyait lentement cette coulure, d’une façon absente, il ne fallait pas que ce geste se substitue au  plaisir sensuel que semblait lui provoquer, le jus de la fraise qu’il avalait.

Les passants les plus hardis, de loin, par fausse pudibonderie, regardaient. Cachés derrière leur lunettes de soleil, seul écran pour dissimuler leurs émois, réveillant pour certains une libido qu’ils croyaient endormie depuis si longtemps, devant ce délicieux tableau.

Un léger frisson parcouru le corps dénudé de la jeune femme. Un homme s’enhardit et d’un  geste vif, attrapa une étole de satin inutilement à terre et la jeta, plutôt qu’il ne l’enveloppa, sur la jeune femme, comme l’artiste couvre son œuvre.

Par  ce geste plein de mansuétude, il a séparé ce couple enlacé, qui goûtait leurs lèvres. Il venait de casser les phantasmes de certains de ces spectateurs qui, debout, immobiles, silencieux, admiraient depuis un moment ce tableau vivant, posé dans la rue, telle une oeuvre d’art.

Claudie

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09 janvier 2008

Saint-Paul : ses savonnettes, ses peintres. (le chien)

SaintPaulA Saint-Paul de Vence, capitale française de la "peinture aux numéros", il y avait ce tableau lascif, posé sur le macadam de l'une des ruelles du village. 

La croûte était censée représenter un couple délicieux s'offrant au plaisir charnel, enrubanné dans quelques draperies en satin. 

L'insolent soleil de novembre, faisait rebondir sa nitescence sur la surface gouachée, mettant en relief les coups de pinceaux, de truelles ou de taloches amoncelés sur cette ode à la libido prépubère. 

A deux pas du cadre, son géniteur posait, coiffé d'un grand chapeau mou, à la manière de tous les artistes ratés des Alpes-Maritimes qui se prennent pour Cézanne. 

L'homme mangeait des fraises et faisait mine de dédaigner son art et sa toile, posture d'ailleurs que les touristes, à la vue du tableau, imitaient fort bien. 

Je résumerai cette démonstration ainsi : 

Si vous voulez acquérir un savon parfumé aux lavande ou autres fragrances sensuelles pour vos ablutions : rendez-vous à Saint-Paul de Vence. 

Si vous aimez la peinture, allez au musée.

Le Chien

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06 décembre 2007

Cour métrage (DINO)

homme_sensuelL' insolence de l'homme sensuel qui cherche le plaisir charnel d'une libido délicieuse sur le bout d'un sein couleur de fraise, n'est qu'un tableau d'art lascif, étendu comme une toile de satin sur un vulgaire macadam.

DinoLeGrec

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29 novembre 2007

‘Rosine’ m’a dit… (Pivoine Blanche)

En hommage à Antoine Wiertz, peintre.

Antoine_Wiertz_La_Belle_Rosine

Rosine, toute en satin d’ivoire et jupons empesés, depuis le bas de soie et la pointe de l’escarpin, jusqu’à l’insolence du bibi voilé de sombre sépia, Rosine espère, chaque samedi matin, dans l’ombre du Vieux marché de N***. 

Le terne macadam des journées de fer laisse deviner, par ses fenêtres molles, un pavé haussmanien  parfumé, sensuel et complice. La voilà qui sonne enfin, domptée, libérée, l’unique heure entre chien et loup, pour ces pauvres hommes aux savates nouées, que pourrissent tant d’espérances, avant que de s’éteindre.

Petit à petit, dès le dernier atelier clos sur ses portes d’acier; dès l’apparition de l’absinthe, sur des zincs minuscules, une sulfure, un brin de pavot, une couleur assassine, métamorphosent la trogne ouvrière la plus grise, en une promesse de tableau rougeoyant, tous vernis avivés.

Lèvres pourpre des femmes, retenant le sexe avec art, mystère délicieux des alcôves et des plaisirs de Sodome, dents de nacre ou d’ivoire, longs éclats d’émail lascifs, angelots verdissants et rosés, pétris de cellulite, dentelles qui s’étirent et caracolent, crissement de la tarlatane, tiges tendues des corsets, lingeries de trois sous…

Sous la pluie métallique des  crinolines, tout un été d’agonie à l’aube des rochers.

Ce fut ainsi. La Pieuvre Libertine épousa Libido dans les ruelles namuroises, la mignotant, telle une fraise succulente, innombrable et charnelle. L’insatiable appétit de la ville, gâteau pétri de chair et de crème, aussi pur qu’une perle de crémant sur la langue, maria ces croupes grossières aux râles des Rosine, des Satine, des Marie et des Jeanne, et l’immensité de leur glorieuse descendance.

Ainsi saigne le Démiurge, las de perpétrer l’homme, jusqu’à l’écoeurement. Verges vannées de lin, fouets du dieu de la luxure, du percepteur, des maquisards, des Vierges, des déments de Novembre.

Et de la quintessence humaine.

Pivoine Blanche

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26 novembre 2007

Vision mâtine et matinale d'un ange mâtiné (Luse)

Salvatore Dali
femme_fen_treEveillée par cet indicible murmure du matin, mélange de gazouillis et de soupirs bienheureux qui, bien qu'on n'en puisse citer la source, parviennent toujours à nos oreilles, et sentant la douce et sensuelle caresse d'un frisquet petit vent d'automne, j'ouvrai les yeux. Elle était là, dans sa légère robe de satin, appuyée sur le rebord de la fenêtre. La cigarette à la bouche, elle expirait sa fumée à la face du monde, et du haut de son insolence superbe fixait les passants tout emmitouflés qui piétinaient désespérément sur un macadam gelé, levant tantôt les yeux sur cette silhouette à demi dénudée et ainsi exposée à la froidure naissante. Tout ça devait offrir un beau tableau vu d'en bas, me pris-je à songer alors que j'admirais ses courbes douces et lascives sans qu'elle ait encore conscience de mon réveil. Ne souhaitant pas l'en avertir tout de suite, je m'approchai doucement d'elle, et posai une main sur son épaule nue. Elle ne sursauta pas mais déposa tranquillement son cancer en bâton sur le rebord de la fenêtre, avant de se tourner vers moi, un délicieux sourire me souhaitant le bonjour. Ses lèvres étaient comme deux pétales délicatement posés sur l'ébène le plus pur, et leur adorable couleur fraise me donna encore une fois l'irrésistible envie d'y goûter. Nous nous laissâmes un instant aller à de charnelles caresses qui eurent tôt fait d'enflammer ma libido, mais fidèle à elle-même elle s'esquiva habilement. Je suivis ses gloussements légers et ses pas dansants, et c'était ça son art - son art à la Joséphine Baker, tout en rire et en sensualité.
Alors dis-moi, mon âme, mon ineffable joie, à quoi sert donc un homme quand le plaisir suffit au plaisir et l'amour à l'amour ?

Luse

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22 novembre 2007

L' allumeuse de vrais berbères (azerty)

femmeplageAllongé sur la plage d'Essaouira, échoué là comme un Houellebecq désenchanté à la libido mortifère, je sirotais mon lait-fraise, pensant avec émotion à tous les collègues restés à Paris-plage sur macadam, lorsque, soudain, je vis passer non loin une fille indigène à la peau de satin.
Si son amant s'appelle Ali, me dis-je in petto, alors ce ne peut être qu' Ali Bido. Plutôt satisfait de cette très private joke pour homme fatigué, je poursuivis mon rêve éveillé sur le mode sensuel des Mille et Une Nuits, parmi les voiles vaporeux, les parfums ennivrants et la danse d'un ventre délicieusement replet dont un saphir ombilical rehaussait l'insolente lascivité. Ce tableau d' odalisque alanguie se mua en promesse de plaisir pour mon esprit de quadragénaire avachi. Magie paradoxale des corps vêtus: l'écran de l'ample gandoura donnait bien plus à voir que les danseuses de "pole dance" du Club Med où je séjournais. Ces dernières, agitées du déhanchement spasmodique propre à leur art, se lovaient contre leur barre en une étreinte dont la charnelle crudité laissait peu de place au rêve. J'appris plus tard que la belle se nommait Yasmina , qu'elle vendait des loukoums à la Medina. Plusieurs fois je m'y rendis, mais elle n'était djamais là. En guise de satin, ne me resta que l'hommage de Léo aux Moody Blues, ce slow moite et incandescent que j' écoutais en boucle sur mon mp3. En fermant les yeux, c'était vraiment extra.

Azerty

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20 novembre 2007

Chassé de l’Eden (Tthieu)

guard_edenAdam était un homo-sapiens du genre taciturne. Non pas qu’il n’ait rien à dire ! Petit sacristain, mais amateur éclairé d’anthropologie sociale, ses idées volaient haut dans la noosphère. Il était notamment doté d’une empathie hors du commun pour les fidèles de tout poil et de toute confession et aurait pu se révéler d’un atout indéniable lors des rencontres œcuméniques de sa paroisse.  Malheureusement, son irénisme restait inconnu à quiconque ne maitrisait pas la télépathie. Toujours, il se taisait. Saint homme, il n’avait pas la vanité de penser qu’en parlant aux cons, il risquait de les instruire, non plus que la fainéantise de se dire « à quoi bon ? ». Son mutisme n’était autre que sa pénitence. Pour avoir cru ses sentiments consomptibles et avoir fuit l’amour que lui vouait une belle femme au doux nom palindrome, il avait quitté à jamais le paradis des bons mots échangés, baumes pour la solitude humaine.

Tthieu

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19 novembre 2007

Treize érotique n° 2

"Cupidon et Psyché" par Jacques Louis David (1817)fotoCupidon_et_Psyche

REFLECHIRègle du jeu : Ecrire un texte coquin ou sexy ou érotique ou ce que vous voulez contenant obligatoirement les 13 mots listés ci-dessous.

Il n'y a pas de limite à la longueur des textes.

Cliquez sur  mcl38 pour envoyer vos textes (Ne les inscrivez pas dans les commentaires).
N'oubliez pas le titre, votre pseudo et éventuellement l'adresse de votre blog ou site personnel. Une petite présentation pour les nouveaux participants serait la bienvenue.
Si vous souhaitez que  nous rajoutions une illustration joignez l'image à votre envoi, ou son adresse URL.

Les textes seront publiés dans leur ordre d'arrivée.

N'oubliez pas, vos commentaires sont importants pour chacun des participants, nous sommes une équipe, alors n'hésitez pas à commenter chacun des textes et bienvenue aux nouveaux   ;-)

Les mots sont beaucoup plus faciles que ceux de la précédente consigne...
Le jeu est ouvert à tous les lecteurs, n'hésitez pas... à vos claviers ! ;-)

MACADAM
INSOLENCE
SATIN
LIBIDO
DELICIEUX

CHARNEL
FRAISE
LASCIF
ART
HOMME
PLAISIR
SENSUEL(LE)
TABLEAU

Posté par Christine_ à 08:00 - A10 - 13 Erotique - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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